in vino veritas !

LES ILLUMINATIONS

« Petite veille d'ivresse, sainte ! »


Causeries de salon

Des questions à se poser entre amis… entre chaque levée de coude !

Contenu réductible

Qu’avez-vous fait de pas sérieux à 17 ans ?

La question serait plutôt de savoir ce que j’ai fait de sérieux…A vrai dire, il m’est arrivé de pisser dans le salon d’un poète qui écrivait de très mauvais vers, à défaut d’en boire. J’ai aussi saoulé tous mes amis avec mes poèmes. Mais si je devais choisir, la chose la moins sérieuse que j’aie faite, ce serait lorsque j’ai offensé le poète Albert Mérat, au point qu’il a refusé de poser sur le même tableau que moi, peint par Fantin-Latour. Si vous regardez ce tableau, Un coin de table, vous verrez un pot de fleur à droite qui remplace ce poète de troisième ordre. C’est presque mieux.

À quelle vocation avez-vous renoncé ?

J’ai toujours voulu devenir négociant d'armes en Abyssinie mais j’ai renoncé à ce destin glorieux de mes 16 à 20 ans, et j’ai préféré écrire des poèmes à la place. Heureusement, j’ai pu ensuite vivre sous le soleil et me consacrer à ma passion pour le commerce. Quoi de plus exaltant que de vendre du café ! C’est quand même autre chose que de s’user l’entendement à scribouiller des vers illisibles.

Racontez-nous votre plus grave dispute amoureuse

J’en ai eu plusieurs assez homériques. Il faut dire que c’est assez amusant de se disputer, surtout avec Verlaine qui prend si facilement la mouche. Et puis, un jour de juillet 1873, j’ai eu la mauvaise idée de lui dire que je voulais partir. Au lieu de tirer son coup, il en a tiré deux. J’ai été blessé à la main. C’était un mauvais coup ! 

Quelle est la rédaction dont vous étiez le plus fier ?

Quand j’étais au collège à Charleville, un prof m’a imposé un sujet qui ne peut inspirer que de l’ennui puisqu’il fallait développer en latin quelques vers des Odes d’Horace. J’ai néanmoins décidé de me prendre au jeu et j’ai bricolé un petit poème en une heure. Inutile de vous le mettre, il est en latin.

Votre plus grande fugue

J’ai plus pratiqué l’art de la fugue que Bach. Certaines m’ont conduites au poste de police puisque j’ai fraudé plusieurs fois dans le train, mais si je devais en choisir une, je prendrais celle qui m’a conduite à Paris, la veille de la Commune. Voir la ville s’embraser tandis que j’embrassais Verlaine, c’était un joli souvenir !

Quelle est la lettre que vous n’avez jamais écrite ?

J’ai jamais écrit à mon père. En même temps, il m’a abandonné, et après il est mort. 

À quel âge aimeriez-vous mourir et comment ?

Peu importe l’âge. J’aimerais seulement ne pas mourir unijambiste à Marseille.

Ces pages...

«  Ce poison va rester dans toutes nos veines même quand, la fanfare tournant, nous serons rendus à l'ancienne inharmonie. »

> Je découvre

Cépage...

Sauvignon blanc : l’éclair.

Sémillon : l’or calme.

Et soudain, le vin s’ouvre : une clarté vive, un souffle qui traverse.

> Je déguste

Domaine...

Enraciné dans le berceau du vignoble bordelais depuis 1630, le Château de Respide propose des vins de Graves riches et aromatiques...

> Je visite

Le coin des enfants...

En partenariat avec les Petits Platons...

> Je leur ouvre l'esprit

C'est qui déjà ?

Posez votre verre (ou reprenez-en un, on ne va pas juger) et embarquez à bord du Bateau Ivre. à la découverte de l’un des poètes les plus novateurs et bouleversants de la littérature française. Arthur Rimbaud a 16 ans lorsqu’il compose “Le Bateau ivre”, et un an de plus lorsqu’il écrit “On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans…”. Bon, manifestement c’était quand même un peu sérieux… Vous l’aurez compris, Arthur Rimbaud a tout du jeune prodige : chef-d’œuvres précoces, vie courte et d’une intensité hors du commun, tant par ses passions amoureuses que par sa quête poétique radicale.

Rimbaud naît en 1854 à Charleville dans une famille relativement modeste. Élève brillant, il écrit ses premiers poèmes à 15 ans, en français et en latin ! Il lit Baudelaire, Nerval, Hugo et Lautréamont, autant de phares. Mais Rimbaud ne suit pas la lumière : il allume la sienne. Selon lui, le poète doit se faire voyant en cherchant à décrire l’indescriptible, en “écrivant des silences”, “des nuits”, en “notant l’inexprimable” et en “fixant des vertiges” (Rimbaud, “L’Alchimie du Verbe”, Une Saison en Enfer).

En parallèle de cette vie poétique révolutionnaire, Rimbaud vit une passion tumultueuse avec l’un des autres plus grands poètes français de ce siècle : Paul Verlaine.

Puis, soudain : Silence. Âgé d’à peine 20 ans, il renonce à la poésie, n’ayant alors publié qu’un seul ouvrage : Une saison en enfer. Il part en Afrique (actuelle Ethiopie) où il devient explorateur et commerçant. Il meurt à Marseille des suites d’une amputation et d’un cancer.

Ses poèmes “Le Bateau ivre”, “Le Dormeur du val” ou encore “Voyelles” comptent, encore aujourd’hui, parmi les poèmes les plus célèbres de la poésie française, dans lesquels l'éternel et incandescent jeune homme vit encore.

L'œuvre

Les Illuminations désigne un recueil de 42 poèmes en prose écrits par Rimbaud entre 1872 et 1875, publiés à titre posthume, en 1886.

C’est donc une œuvre qui nous parvient comme un message laissé sur la table, une lumière après le départ.

Ce qui s’y joue ?

Le mouvement. Le voyage, l’errance, les départs brusques, la métamorphose.

On y trouve une soif de liberté farouche, et une impatience envers l’ordre bourgeois, les convenances, les rôles sociaux.

Rimbaud y cherche ce que la langue peut faire au-delà d'elle-même

La forme ?

Révolutionnaire. Rimbaud délaisse le vers pour le poème en prose : pas de rimes obligatoires, pas de mètres réguliers, juste un flux d’images, de rythmes, de visions.

C’est une poésie qui ne décrit pas : elle fait voir. On parle souvent de “hallucinations contrôlées” : le monde y apparaît comme intensifié, déformé, réinventé. 

À lire comme ?

Une invitation à voyager sans passeport, à ouvrir les fenêtres, à laisser entrer un peu de tempête.

Un recueil qui ne se comprend pas forcément : il s’éprouve.

Pourquoi (et comment) le lire? Lire les Illuminations, c’est faire l’expérience d’une lecture qui peut paraître déroutante aux premiers abords, et dont vous ne pourrez mesurer la richesse qu’une fois plusieurs poèmes parcourus. Lus dans l’ordre ou dans le désordre, entiers ou par fragments, ivres ou bien sobres, la lecture de ces poèmes est l’occasion d’une exploration révolutionnaire du langage et de la perception, qui bousculera votre usage quotidien du langage autant que les normes artistiques et sociales.

Vous reprendrez bien quelques vers pour la route ? 

   “J'ai embrassé l'aube d'été.

   Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries se regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

   La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

   Je ris au wasserfall qui s'échevela à travers les sapins: à la cime argentée je reconnus la déesse.

   Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville, elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et, courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

   En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

   Au réveil, il était midi.” 

Quel cru !

Graves blanc — Sauvignon Blanc et Sémillon.

Or pâle : une lueur glisse comme un matin neuf.

Aux narines, des fleurs fines, un froissement d’herbes, et cette pointe d’exotique, comme une brise entre deux ombres.

En bouche, le vin fuse : le Sauvignon lance ses éclats nets, le Sémillon étire derrière lui une traîne de velours clair, un murmure sur un ceviche, une volaille citronnée, des légumes croquants.

Puis la finale : fraîche, presque vibrante, un instant suspendu où tout semble plus vaste.

Le domaine de Respide

Une histoire, un lieu d'exception

Au cœur des Graves, à Roaillan, le Château de Respide déploie ses vignes sur des croupes de graviers et de sable blond, baignées de lumière girondine.

Amélie et Pierre-Édouard Chatin y cultivent l’art patient de la vinification : gestes précis, vendanges mûres, élevage soigné, dans une démarche certifiée depuis 2017 Haute Valeur Environnementale, avec un minimum d’intrants.


Depuis 2022, leur propriété est également labellisée "Bordeaux Cultivons Demain" (niveau 2), la certification de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) des vins de Bordeaux, qui place l'humain et les pratiques durables au cœur du projet du domaine.

Les petits Platons : 40 titres pour découvrir de 9 à 99 ans les plus grands philosophes...

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